Parcours

DSCN3574

D’une enfance désinvolte à travers les champs et les bois du Bas-Berry, je suis partie puis revenue, après des études de littérature et de philosophie, retrouver au sein de ces terres généreuses l’étincelle intérieur qui m’habite, brûle et me remplit.

J’y ai retrouvé l’air de mes prés, le parfum de mes arbres, le goût de ma terre et le sentiment profond de toute ces multiples choses qui, si l’on s’assoie et l’on attend, vous parviennent, vagues après vagues, fulgurantes, jusqu’à la possession.

La rencontre avec Marc-Michel Gabali, installé là-bas au village des Archers, fût sans doute décisive, et c’est chez lui, dans son atelier grand ouvert et avec toute sa générosité, que je fis mes premiers pas, tâtais la terre, soupesais son poids, testais sa souplesse, me régalais de la multiplicité des conquêtes possibles et des perspectives nouvelles, barbotait dans l’eau, la tête dans vingt-milles seaux, et surtout, fascinée, m’initiait à l’Anagama.

Le feu, comme seul et dernier créateur, et ce type de four coréen qui peut, avec adresse, magnifier à l’extrême les propriétés intrinsèques d’une argile.

Depuis, et après l’apprentissage en 2012 du tournage via le CNIFOP, dirigé par Mauricette Vissac, et une deuxième rencontre, celle de Tristan Chambaud-Héraud, l’Anagama ne m’a plus quitté, occupant toutes mes pensées, s’installant dans mes rêves, me prenant au corps, claires visions flamboyantes, vagues de chaleurs, sources des fournaises, là où le feu est esprit et matière, là, surtout, où il est bleu.

Installée depuis peu dans les montagnes magiques des Pyrénées, c’est au pied des torrents sauvages et des arbres multi-centenaires, avoisinant les nuages, que se fonde mon atelier et d’ici peu, mon four Anagama.

36331376_1021478804694687_2461444876869304320_o