Grès des Archers

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Elevée au lait du Bas-Berry, bercée par le ventre de cette terre, un jour, pendant mon apprentissage chez Marc-Michel Gabali et lors d’une promenade aux abord du village des Archers, elle s’est offerte à moi.

Naturellement, je l’ai nommé Grès des Archers, pour sa vitrification aux alentours de 1280°C, et son lieu de récolte.

Elle se cueille orangé-jaune, et se métamorphose : rouge-carmin en oxydation, violet-pourpre en réduction, elle devient noir-galaxie au contact des cendres.

Elle est gorgée de silex, de mica très fin, de quartz feldspathique plus où moins ferrugineux, et d’un je-ne-sais-quoi qui lui confère ce noir si dense et si profond, qui la caractérise, après le travail des cendres.

Alors, avec ma pelle et ma pioche, deux fois par an, je tire des entrailles de la terre ce petit bijou de céramique.

Elle est ma terre, et une seule personne sait comme moi où la trouver. 

Elle aime se marier avec sa sœur, la terre bleu-noire de la Borne. Par petite touche, après tamisage et pétrissage, et seulement dans les cas de cuissons longues dans les fours Anagama les plus chauds.

Au Moyen-Age, le Village des Archers était le pôle d’activité céramique du Berry. Puis le Canal du Berry à été détourné, les transports de poteries devinrent plus coûteux, et le Village des Archers se délesta peu à peu de ces potiers. Mais le Grès des Archers est encore là, près à être exhumé.